AC PACA Municipales

Municipales-2014« ni en dessous, ni au dessus, ni en deçà, ni au delà, mais juste au monde » (J.L. Nancy)

Nous sommes le territoire !

La danse est partie prenante d’un regard global sur les disciplines artistiques, qui prend en considération la diversité des populations, l’ampleur du territoire et de ses circulations, le croisement des pratiques, pratiques d’acteurs et pratiques de spectateurs, d’amateurs et de professionnels.

En tant que citoyens actifs de notre république nous attendons que les politiques refusent d’alimenter l’hystérie de la médiatisation et se mettent au travail avec les regroupements qui oeuvrent pour l’intérêt commun sur le terrain.

Cette exigence dont nous témoignons en rédigeant ce courrier fait écho aux difficultés passées à entretenir de réelles relations de travail et de pensée avec nos élus, mais aussi à la folie actuelle qui semble toucher tous les partis et qui consiste à décrypter la fumée au lieu d’éteindre le feu.

Qui sommes-nous ?

Le regroupement d’Acteurs Chorégraphiques en région Provence-Alpes-Côte d’Azur entend participer à la co-élaboration des politiques culturelles, notamment chorégraphiques en se proposant d’être pôle de vigilance et force de propositions auprès des institutions et des collectivités territoriales.

Il nous tient à coeur de défendre les notions de porosité des pratiques et des espaces, d’hétérogénéité des projets, d’échanges des savoirs et de responsabilités partagées.

Nous replaçons la question du désir comme un moteur central qui sous-tend la relation entre le politique et le travail de l’art.

Nous expérimentons une nouvelle économie qui ne serait plus une sphère séparée de l’existence mais son tissu, la matière même des rapports humains.

Nous n’occupons pas le territoire. Nous sommes le territoire. Nous parlons d’un endroit précis de l’histoire où le contexte politique, social et économique est dévoré par le libéralisme.

Pour ce faire notre regroupement :

  • apporte des éclairages transparents et lisibles par tous et pour tous, afin d’améliorer les compréhensions et les choix des politiques culturelles chorégraphiques.
  • s’engage à défendre les intérêts communs de l’ensemble des acteurs chorégraphiques dans toutes leurs composantes et diversités
  • édite des articles, documents et liens sur son site afin de partager avec le plus grand nombre ses réflexions et propositions.
  • invite tous les acteurs chorégraphiques à prendre part à ses réflexions, actions et propositions, cela afin d’être le plus représentatif des diversités qui composent l’art chorégraphique
  • crée une plateforme de coopération et de mutualisation des acteurs chorégraphiques à partir de nos analyses et fabrique une nouvelle offre artistique collective de médiation culturelle.

Au lendemain de Marseille – Provence – 2013 / Capitale européenne de la culture

Les temps forts dont l’année 2013 a été émaillée ont fait preuve du désir des Marseillais de réinvestir l’espace de leur ville.

Reste la nécessité de faciliter la circulation entre les lieux culturels, un croisement qui aiguise la curiosité, atténue l’entre soi, replace l’art au sein d’une citoyenneté et crée de l’imaginaire.

Nous nous inquiétons du fait que de nombreux équipements culturels nouveaux ne reçoivent pas les budgets de fonctionnement adaptés (Maison pour la danse/Klap, Plateaux de la Friche Belle de Mai, Théâtre de la Minoterie…)

Qui plus est dans un contexte où le statut des entreprises culturelles est mis à mal par des transformations structurelles, sociales et économiques en profondeur.

La fragilité des compagnies en est aggravée, comme le démontre le Groupe du 27 dans son document « Groupe du 27 dans la campagne » (voir document – page 11 à 13).

Nos propositions et changements à opérer, vers un maillage du territoire, artistique et technique.

Si un effort exemplaire ne s’opère pas en terme de transports en commun, comment croiser les champs artistiques afin de dynamiser la culture ? L’enjeu est de redonner à Marseille une homogénéité entre ses territoires ?

Nous envisageons des ponts entre le sport, le transport, le patrimoine, l’éducation.

Le tourisme aussi pourrait être associé au développement d’une économie culturelle et artistique.

Nous souhaitons une politique culturelle ambitieuse, qui ose par exemple un concert philharmonique au pied des cités et du hip-hop à la Criée.

Ce ne sont pas les lieux dédiés à la culture qui manquent à Marseille mais une transparence voire une redéfinition de leurs cahiers des charges.

Comment créer de l’écoute et du lien entre des structures et des organisations non institutionnalisées ?

S’affirme aujourd’hui le besoin de rendez-vous de travail de réflexion, engageant un maximum d’acteurs culturels, quelle que soit l’échelle de leur structure, et mettre ainsi l’intelligence des opérateurs culturels au service d’une coordination et d’une mise en cohérence des actions et des projets tout en tenant compte des spécificités et des contextes.

À l’occasion de ces futures rencontres pourraient être abordées les questions suivantes :

  • Comment poursuivre l’ouverture sur la diversification des publics ? Ne plus penser au public comme la propriété d’une seule structure ou d’un champ artistique? (exemple de la carte Flux, le dispositif PASS…).
  • Favoriser une implication participative des publics selon l’exemple des AMACCA
  • L’éducation artistique à l’école : avec le nouvel aménagement des rythmes scolaires s’ouvre un nouvel enjeu pour une culture démocratique. Nous soutenons les pratiques créatives à l’école, de qualité, faites par des intervenants compétents et rémunérés en conséquence.

Le positionnement humain au coeur des solutions

Nous constatons que certains lieux privés deviennent fédérateurs alors que d’autres, pourtant dédiés à la dynamique culturelle et soutenus par des fonds publics fonctionnent dans un minima de services désolant.

La vivacité et l’ouverture dont font preuve certains lieux n’est due qu’à la volonté de partage et d’écoute des personnes qui les gèrent et les dirigent.

Il nous semble donc de la première utilité que les équipes et directeurs de structures puissent être choisis en fonction de leurs réels projets d’ouverture sociale, et non autrement.

Ce sont ces qualités humaines qui sont à évaluer, ce que cela engendre comme « faire » dans le tissu social, et non uniquement l’évaluation économique. Car ce « faire » engendre de l’économie, tandis que l’argent n’engendre pas de lien social.

Une économie ancrée dans du sens au lieu d’une culture mariée à la consommation.

C’est ce que peuvent être aussi dans nos métiers les coopératives économiques quand elles s’appuient sur un réel projet artistique collectif.

AC PACA – Le 26 mars 2014